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Un peu d’histoire

L’idée du stylo à bille est à mettre au profit de l’Américain John J. Loud (en), attestée par un brevet déposé en 1888. Cependant son invention était loin d’être au point et son brevet devint caduc. Trente ans plus tard, en 1919, un certain Monsieur Pasquis remporta un prix au concours Lépine avec son invention d’un stylo à bille et déposa un brevet, mais il n’arriva pas à le mettre au point en vue d’une éventuelle commercialisation. II faudra attendre encore trente ans pour voir enfin cette idée se concrétiser. Un journaliste hongrois du nom de László Bíró, par ailleurs inventeur prolifique aidé de son frère György, chimiste, va améliorer trois axes de l’idée initiale : l’encre, la bille et le dispositif d’alimentation.

Concernant l’encre, László Bíró remarque que l’encre à séchage rapide utilisée pour l’impression des journaux permet d’éviter les taches par frottement. Il essaie alors cette encre dans un stylo à plume dont un certain Slavoljub Penkala a inventé le principe en 1907, mais en vain : la viscosité de l’encre l’empêche de s’écouler.
Ignorant les travaux, restés sans suite, de John J. Loud et de M. Pasquis, la légende dit que c’est en observant des enfants jouant avec des billes que Bíró a l’idée de mettre une bille à l’intérieur du stylo : il remarque en effet que lorsque les enfants font passer la bille dans une flaque d’eau, elle entraîne derrière elle un mince filet d’eau… C’est ainsi qu’il aurait eu l’idée de concevoir un « stylo à bille » réellement fonctionnel.

Travaillant avec son frère György, chimiste, Bíró développe en 1938 une nouvelle pointe, constituée d’une bille qui, en tournant librement dans un alvéole, entraîne l’encre d’une cartouche et la dépose sur le papier. Les frères Bíró déposent le brevet de leur invention en 1938 : le « stylo à bille » est véritablement né.

En 1943, Bíró et son frère György doivent se réfugier en Argentine, du fait des lois anti-juives sévissant alors en Hongrie. László Bíró change de nom, devenant Lisandro José.
Les deux frères déposent un nouveau brevet, le 10 juin 1943. Ils créent alors la société des « stylos Biro », qui commercialise leur produit sous le nom de « Birome » resté en usage dans ce pays. La Royal Air Force britannique l’adopte pour ses pilotes, en vertu de ses performances en altitude. En effet, sur le stylo bille la réserve d’encre est constamment à la pression ambiante alors que celle du stylo plume, initialement à la pression correspondant à l’altitude à laquelle a été fait le remplissage, s’équilibre au cours de la montée en altitude en poussant l’encre à travers la plume.

Bich… BIC

Négociant le brevet avec Bíró, le baron Marcel Bich fait le pari de commercialiser un crayon à bille à 0,50 francs, prix très bas à l’époque6. Pour cela et après deux ans de recherches, il va améliorer le modèle des frères Biro sur deux points importants : la formule d’encre parfaite et l’ajustage entre la bille et le tube-réservoir. En 1950, il lance son premier stylo à bille sous son nom abrégé en Bic afin qu’il soit facilement retenu et prononçable dans toutes les langues. Il a l’aspect d’un crayon muni d’un capuchon dont la couleur correspond à la couleur de l’encre, tandis que la consommation peut être suivie grâce à la transparence des matières plastiques du tube souple qui la contient et du tube rigide à section hexagonale qui en constitue l’enveloppe. L’invention du “Bic Cristal”, tel est son nom complet, peut être considérée comme géniale à plusieurs titres : 1 – Le nom dûment déposé : appeler “Cristal” un stylo en plastique ; 2 – Le plastique est transparent pour voir et surveiller l’encre restante ; 3 – La forme intemporelle d’un crayon papier classique de section hexagonale (et non ronde) afin d’éviter que le stylo ne roule et ne tombe ; 4 – Le bouchon et le capuchon de la couleur de l’encre muni d’un ergot permettant de le fixer verticalement dans une poche intérieure, etc.[style trop lyrique ou dithyrambique] Objet devenu iconique des Trente Glorieuses et de la société de consommation, le Bic Cristal est exposé de manière permanente dans les collections du Museum of Modern art de New York et dans celles du Musée national d’Art moderne de Paris.

En 1961, le carbure de tungstène de la bille remplace l’inox employé jusque-là et améliore son fonctionnement. Le stylo à bille s’efforce de franchir les portes de l’école et y réussit en 1965 en France7.

Au début des années 1980, le capuchon a été percé à son extrémité afin d’éviter à des enfants qui l’auraient ingéré accidentellement de s’étouffer. Ce trou permet en effet de laisser circuler l’air au cas où le bouchon resterait bloqué dans la gorge.[réf. nécessaire]

Bic entre dans le club très fermé des marques devenues noms communs. Il conquiert le monde et inaugure l’ère du jetable8. Il devient monnaie d’échange pour les touristes occidentaux qui visitent les pays du bloc soviétique. Il est l’auxiliaire modeste de l’alphabétisation des pays pauvres. Le Bic Cristal est le stylo le plus vendu au monde. Présent dans plus de 160 pays, la firme a précisé lors de son soixantième anniversaire (en 2000) qu’il s’en est déjà écoulé plus de 100 milliards sur les cinq continents depuis sa commercialisation (1950). Ce succès est dû en partie à sa forme intemporelle identique à celle d’un crayon à papier, à sa qualité, tant de sa bille (qui ne se coince pas) qu’à son encre (qui ne bave pas), mais aussi et surtout à son prix très bas, inférieur à celui d’un crayon à papier.

Et l’école Sainte-Anne là-dedans ?

Elle a choisi d’en vendre pour récolter des fonds en l’absence des festivités habituelles… Glissez le montant de 3 € dans une enveloppe et remettez-la au titulaire de votre enfant. La livraison ? Instantanée 🙂